Chez Max vous accueille :

 

Lundi et Mardi Midi

 

Mercredi, Jeudi,

Vendredi & Samedi

Midi et Soir

 

Service de 12h00 à 14h00 et 

de 19h00 à 21h30

 

Formule du Midi  : 

Entrée Plat ou Plat / Dessert : 13€80

Entrée / Plat / Dessert :

17€80

 

Réservations : 

02 29 40 10 20 

 

 

 

 

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La famille Jacob

Des origines juives rhénanes

Samuel Alexandre est le grand-père paternel de Max Jacob. Il est né en Rhénanie, probablement en 1811. Samuel Alexandre est un commerçant venu chercher fortune en France. Il épouse Myrthé Léa Mayer, née vers 1816 ou 1817.

Une première enfant naît à Paris en 1846. Elle est prénommée Julie. En 1847, la famille s'agrandit avec la venue d'un premier fils, né à Tours, il est prénommé Lazare Jacob Alexandre et deviendra le père de Max Jacob. La famille Alexandre s'installe ensuite à Lorient où un second fils, Maurice Alexandre voit le jour en 1850.

Les Jacob s’installent à Quimper avant 1860. Ils ouvrent un commerce de tissus « La belle jardinière » tenue sous la raison sociale "A. Jacob et Cie".

En 1867, ils sont invités à présenter des costumes traditionnels un certain Monsieur Jacob, marchand tailleur de Quimper. Celui-ci présente des costumes de Scaër, de Ploaré, de Pont L’Abbé et de Kerfeuteun. Ils gagnent la médaille d’argent.
 

Le journal de l'exposition universelle précise :
«  ... Pour la Bretagne, le Comité a eu la bonne fortune de trouver à Quimper un tailleur breton, Monsieur Jacob, dont la maison est comme le dernier bastion de l'originalité. C'est de cette maison que sont sortis tous les costumes admis à l'Exposition ; et leur fidélité est cent fois garantie. J'ajouterai à l'éloge de Monsieur Jacob, que tout en sauvegardant les intérêts artistiques, il n'a pas privé l'ouvrier breton des avantages économiques que l'industrie moderne assure aux travailleurs : la confection des vêtements bretons, coutures principales et ornements brodés est généralement confié aux hommes. »

 

En 1871, Lazare Jacob Alexandre épouse Prudence Jacob. Plusieurs enfants naissent :

 Julie Delphine Alexandre naît en 1872. Elle travaille dans le commerce familial puis s'associe avec son frère Gaston dans le commerce d'antiquités. Elle décède en 1942 à Quimper.
Maurice voit le jour à Quimper en 1874. Il fait quant à lui une belle carrière dans l'administration et devient receveur de l'enregistrement. Surnommé par ses proches l'Africain,  il meurt sans alliance en 1932.
Gaston Jacob naît en 1875, à Lorient. Il travaille avec son père dans le magasin de la rue du Parc puis dirige avec sa sœur  Delphine, un magasin d'antiquités. Victime des persécutions antisémites,  il est arrêté à Quimper et déporté. Il meurt à Auschwitz en 1943.

Max Jacob,  poète, peintre et homme de lettres est le quatrième enfant du couple. Né en 1876, il meurt  au camp de Drancy le 5 mars 1944.

Jacques Jacob Alexandre voit le jour en 1880, il parvient semble t'il à  échapper aux persécutions nazis et décède en 1960 à Issy-Les-Moulineaux.
Myrthé Léa Jacob  naît en 1884. Elle disparaît à Auschwitz le 25 janvier 1944.
Suzanne Alexandre naît en 1887, dernier enfant du couple, elle décède la même année, âgée d'un mois et vingt jours. Max Jacob n'en a, nous le croyons, jamais fait mention.

 © Archives municipales de Quimper

 

Quelques célébrités passées par le 8 rue du parc

 

1880, la star des stars : la grande Sarah Bernhardt

1891 ou 1900-1905, Anatole France

1908, Marie Josée de Savoie, reine mère d’Italie

1910, Les Savigny et Pierre De Belay, André Salomon, Jules Romain

1917,  Guillaume Apollinaire

1929-1930 , Christian Dior, Christopher Wood, Marcelle Meyer

1937,  Julien Gracq

« Courant Aout 1929, une belle voiture s’arrêta devant le 8 rue du parc. En sort Pablo Picasso, Olga, son épouse et leur fils Paulo. Ils sont en villégiature à Dinard et ont envisagé cette visite surprise à Max. mais, celui-ci était à Ploaré. Avant de prendre congé, P Picasso sort son appareil de photo et photographie la famille Jacob présente. »

Hélène Henry, ancienne président des Amis de Max Jacob

 

 

La maison Jacob 8 rue du parc

Max parle de la maison de son enfance :

« oui, la maison de l’enfance a quelque chose de mystérieux, qu’on ne définira jamais »

 « La maison Jacob, 8 rue du parc, de 1850 ( ?) à 1940, un siècle de vie honorable »

« C’est là seulement que je me sens chez moi ».

 

Trois générations formidablement dynamiques et inventives de commerçants avisés, toujours à la recherche de l’excellence et de la meilleure qualité, le meilleur prix, une offre toujours diversifiée et étendue

D’abord Samuel et son épouse Mirté- Léa Alexandre. Disons le carrément : Samuel a du génie, ce même génie qui se manifestera chez son petit-fils Max Jacob ! Il s’inspire d’un détail, une sculpture sur bois, les coutures d’un gilet paysan… pour l’adapter et le métamorphoser.  

Etre tailleur pour hommes pour Samuel Alexandre, c’est non seulement habiller sur mesure les citadins quimpérois mais codifier pour les riches propriétaires paysans tel motif de broderie. Il habille les notables de Pont L’Abbé, de Guéméné et surtout ceux du pays Glazick des rives de l’Odet. Il fait des broderies, il fait faire des meubles typiques, évocateurs du passé, les broderies des paysans deviennent des nappes de dentelle. Samuel crée un style « à la bretonne » à la fois respectueux des coutumes mais aussi novateur. Son atelier dans la cour, c’est une ruche d’ouvriers chanteurs, une exposition de meubles achetés dans les fermes aux châtelains. Toute cette activité se manifeste lors des grandes expositions universelles du Second Empire. Samuel rafle les prix et les compliments. La vogue des broderies bretonnes jusque sur les robes élégantes et les habits des académiciens a été lancée par Samuel !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jacob frères puis Lazare Jacob, les fils de Samuel prennent la relève en continuant la haute couture masculine, les curiosités de la ferme bretonne et le commerce des dentelles venues d’Irlande. La boutique « le bon marché » devient le « bonheur des dames » de Quimper parce qu’elles y trouvent tout ce qu’elles souhaitent pour leurs maris et leurs fils-y compris les plus belles tenues de communion.

Samuel a inventé un style, Lazare, son fils et père de Max, a développé le commerce du « grand magasin moderne », lançant les modes et remplissant des pages entières de journaux d’une publicité très alléchante. Les vieux quimpérois se souviennent encore de Delphine et de Gaston, frère et sœur, la troisième génération commerçante à Quimper. Ils avaient étendu le commerce des antiquités aux curiosités »

Hélène Henry, ancienne président des Amis de Max jacob.

 

 

 

QUI EST Max Jacob ?

 

Max Jacob (1876-1944) est un grand poète, l’une des figures les plus marquantes du XXè siècle. Sa production ne se borne pas à la poésie mais elle comprend aussi une œuvre graphique et musicale ainsi que l’une des plus riches correspondances de son temps.

 

Ses amitiés avec les peintres, Picasso en particulier qu’il rencontre en 1901, et ses liens privilégiés avec Guillaume Apollinaire, André Salmon ou Pierre Reverdy le placent au cœur des débats esthétiques de l’Esprit nouveau et à l’origine de la poésie moderne. Sa vie et les nombreuses légendes qui lui sont attribuées ou qu’il s’attribue lui-même le mêle à l'effervescence des avant-gardes picturales et littéraires parisiennes à Montmartre ou à Montparnasse. Éclaireur d'une relation profonde dans l'écriture du siècle entre la poésie et la peinture, son œuvre est faite de contrastes : sa poésie est traversée d’élans religieux et mystiques mais roule aussi vers le cocasse. Son œuvre montre les jeux multiples autour de la notion de personnage, ses éclats kaléïdoscopiques, ses masques incessants, les attentes et les désillusions qu’elle engendre. Ses conceptions esthétiques (concepts de « style », de « marge » ou de « situation ») ramassées dans ses livres phares comme Le Cornet à dés (1917) ou Art poétique (1922) ont fortement marqué les jeunes générations venues à lui comme à un maître au rang desquels on peut citer : Aragon, Malraux, Breton, Éluard, Reverdy…ou encore René Guy Cadou, Edmond Jabès, Michel Leiris. À leur intention, le poète développe une esthétique basée sur la recherche et l’approfondissement de la vie intérieure fortement inspirée par les enjeux spirituels d’une vie tournée vers la prière. Usant du calembour, de l’ironie, de jeux de mots ou se repliant, quelque fois dans le même temps, dans l’humilité et le silence, son œuvre oscille entre l’angoisse d’un croyant tourmenté, une impuissance à être et des élans de plénitude tournés vers l’incantation au Dieu Sauveur.

 

Profondément bouleversé par une apparition miraculeuse en septembre 1909, Jacob s’est retiré à Saint-Benoît-sur-Loire (Loiret) de 1921 à 1928 puis définitivement en 1936 afin qu’une existence nouvelle refonde les enjeux spirituels initiés par sa conversion au catholicisme (18 février 1915). Il mène dans ce village ligérien une vie de prière, de méditation et d’écriture.

 

Dès 1940, la législation antisémite le menace : il subit toutes les mesures de persécutions contre les Juifs menées par le régime de Vichy et l’occupant. En juin 1940, la Gestapo traque le « cicérone juif » de la basilique ; en octobre, il est recensé. En 1941, « Monsieur Max » est interdit de publication : il est spolié de ses droits d’auteur. En 1942, il porte l’étoile jaune. Pendant l’Occupation, il assiste impuissant aux malheurs des siens : « aryanisation » des biens, arrestations, déportations.

Lui qui se pensait, à tort, protégé est arrêté le 24 février 1944. Conduit à la prison d’Orléans, transféré à Drancy, il y meurt d’une congestion pulmonaire le 5 mars 1944.

Dès son arrestation, suite à ses instructions ou spontanément, ses voisins et amis donneront l’alarme. Une requête de Cocteau en faveur de la libération du poète est remise à un conseiller juridique de l’ambassade d’Allemagne, faussement identifié comme « le chef des prisons juives ». Début d’une procédure de libération hypothétique, Max Jacob est décédé sans jamais avoir été libéré. D’abord enterré en fosse commune à Ivry, il repose, depuis le 5 mars 1949, « dans la paix du soir des plaines fertiles de l’orléanais » à Saint-Benoît.

En 1960, Max Jacob a été élevé, à titre civil, au rang de « poète mort pour la France ».

Patricia Sustrac, Présidente des Amis de Max Jacob